La forêt recouvre un tiers du territoire français, et la valeur du bois sur pied atteint 115 milliards d’euros, selon les chiffres du gouvernement. Devenu un actif prisé des investisseurs, la forêt se valorise rapidement. Tour d’horizon de ce marché de niche de plus en plus prisé par les investisseurs, sur ses limites et sur les véhicules permettant d’y investir, comme le groupement forestier d’investissement. 

Le marché forestier français, et plus largement européen, est devenu une valeur refuge verte dans un contexte économique et fiscal incertain. Dans l’Hexagone, moins de 1 % de la forêt privée change de main chaque année selon les derniers chiffres de l’association interprofessionnelle France Bois Forêt.

La forêt française et le morcellement forestier

Le morcellement forestier est l’une des caractéristiques structurelles majeures de la forêt française… Et l’un de ses principaux problèmes. Elle est aux trois quarts privée, avec environ 12,6 millions d’hectares sur 17 millions au total. On estime que 3,3 millions de propriétaires privés se partagent cette surface. 

La taille moyenne d’une propriété forestière en France est de seulement 3,8 hectares avec plus de 2 millions de propriétaires qui possèdent moins d’un hectare. Cette fragmentation rend l’exploitation forestière complexe pour un particulier seul, avec des coûts fixes importants.

Ces coûts s’expliquent simplement : dans les petites exploitations, faire venir des engins de coupe ou des débardeurs coûte trop cher par rapport au volume de bois récolté. 

En outre, beaucoup de « petits » propriétaires ignorent qu’ils possèdent une parcelle, par exemple dans le cas d’héritages successifs, et/ou n’ont pas les compétences techniques pour gérer une forêt. De cela résultent des forêts non entretenues, plus vulnérables aux maladies ou aux incendies : parcelles enclavées, chemins d’accès inadaptés, plus entretenus ou simplement disparus. 

L’intérêt du groupement forestier d’investissement

Le Groupement forestier d’investissement, ou GFI, est précisément l’outil qui permet de corriger ce défaut structurel. 

Les caractéristiques de ces structures sont les suivantes : 

  • Les GFI utilisent les fonds collectés pour racheter de petites parcelles contiguës ou des massifs déjà constitués. Ils récréent ainsi de grands ensembles cohérents, souvent de plusieurs centaines d’hectares d’un seul tenant. 
  • Les GFI réalisent des économies d’échelle en gérant des surfaces importantes. Ils peuvent ainsi négocier des contrats d’entretien, optimiser les coupes de bois et négocier les prix de vente. 
  • Avec les GFI, la gestion de la forêt est professionnelle. Ils mandatent un ou plusieurs experts forestiers qui appliquent des Plans simples de gestion (PSG), outils d’analyse et de planification de la gestion de la forêt. 

La structuration de la forêt sous la forme d’un GFI a un impact sur la valeur des parts. En France, le prix à l’hectare d’une forêt de 100 hectares d’un seul tenant est nettement supérieur au prix à l’hectare d’une parcelle de 5 hectares.

En investissant dans un GFI, l’épargnant bénéficie donc de la valeur d’un « grand massif » tout en n’apportant qu’un capital modeste. C’est ce qu’on appelle la suppression de la décote de morcellement.

Focus sur le débardage, un maillon crucial de la gestion forestière

Le débardage, c’est l’action de transporter le bois. Une fois que l’arbre est au sol et ébranché — on parle de « grumes » ou de « billes » —, il se trouve souvent au milieu d’une parcelle difficile d’accès, loin des routes carrossables.

Le débardeur intervient pour extraire le bois de la parcelle jusqu’à une place de dépôt, zone dégagée en bord de route où les camions grumiers peuvent manœuvrer. Un bon débardeur doit éviter de compacter le sol, car un sol tassé ne laisse plus circuler l’eau et l’air, empêchant les futurs arbres de pousser. Les GFI sélectionnent des prestataires rigoureux pour garantir la pérennité de la forêt.

Le débardeur est le maillon logistique qui sort le bois de la forêt. C’est un métier technique, dangereux et coûteux, qui nécessite des surfaces de forêts suffisantes pour être rentable. Sans couloirs de débardage, c’est-à-dire sans chemins tracés dans la forêt, le bois reste bloqué sur place. La gestion professionnelle d’un GFI permet de créer et d’entretenir ces accès.

Pour aller plus loin, visionnez le documentaire d’Investir éthique, Forêts : financer le vivant, ou remplissez notre formulaire pour être mis en relation avec un conseiller en gestion de patrimoine qui partage nos valeurs éthiques.



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