Si vous avez un peu navigué sur Internet au cours des cinq ou six dernières années, vous êtes forcément tombés sur ce mot : crowdfunding, ou financement participatif. Ce terme regroupe tout un tas de concepts, mais j’ai choisi de m’intéresser aujourd’hui à seulement l’un d’entre eux, le crowdlending.

Le crowdlending, comment ça marche ?

Concrètement, quel est le principe du crowdlending ? Tout simplement de permettre aux particuliers de prêter de l’argent aux entreprises, en échange de quoi ils touchent des intérêts. Mais comme pour la plupart des systèmes d’investissement, il existe des offres très variées sur le marché.

La France totalise un peu plus d’une vingtaine de plates-formes qui ont toutes leur propre façon de fonctionner. Par exemple, Lendosphere est spécialisée dans les énergies vertes et les taux d’intérêts sont fixés par la plate-forme. D’autres comme Unilend sont des généralistes, qui fonctionnent grâce à un système d’enchères : les prêteurs font une offre à l’entreprise via la plate-forme, en fixant eux-mêmes leur taux d’intérêt. L’entreprise qui souhaite emprunter peut ensuite accepter ou rejeter l’offre du prêteur.

Un risque réel…

Avant d’investir, il faut savoir que comme pour tout investissement, le crowdlending comporte des risques. En 2015, trois plates-formes ont été confrontées à des défauts de remboursement d’entreprises – Unilend, Finsquare et Lendopolis – et huit plates-formes de financement participatif ont fermé leurs portes depuis le début de l’année 2016. Des chiffres qui peuvent être mis en perspectives par une étude du cabinet de conseil en gestion de patrimoine Montaigne Patrimoine, qui conclut qu’entre le 1er janvier 2014 et le 29 février 2016, 64 % des projets financés par des plates-formes de crowdlending présentent un risque très faible.

…qu’il est possible d’atténuer

Pour limiter le risque pris, il n’y a qu’une solution : diversifier. L’idéal est de diversifier les secteurs d’activité dans lesquels vous investissez, mais aussi les entreprises. Investir de petits montants dans plusieurs entreprises est beaucoup moins risqué que d’investir une grosse somme dans une seule société. Pour faire le bon choix, assurez-vous de vérifier le sérieux de la plate-forme : elle doit disposer de fonds propres pour sécuriser ses projets d’investissement. Certaines d’entre elles investissent elles-mêmes dans les projets proposés, comme Prêt d’Union. D’autres encore comme Lendix proposent des projets dans lesquels investissent les dirigeants des entreprises concernées. Ce genre de signe est positif car le risque est partagé entre les différentes parties prenantes, et pas seulement concentré sur le prêteur. Enfin, même si cela peut être un peu fastidieux, il est important de vous renseigner sur l’équipe dirigeante et d’étudier les comptes des entreprises dans lesquelles vous investissez. A l’ère d’Internet, il serait dommage de ne pas profiter de la quantité d’information à laquelle vous avez accès… Et si vous avez un doute, ne misez pas : il existe des tas de projets sur le marché, vous finirez bien par trouver le bon !

 

Mon expérience de prêteuse

De mon côté, j’ai testé la plate-forme Lendosphere, qui est spécialisée dans les investissements ayant trait à l’environnement. J’ai investi en tout dans quatre projets lancés par quatre sociétés différentes, à chaque fois la somme de 250 euros. Pour l’instant, je n’ai pas eu de problème et ai récupéré mes intérêts. Mais j’ai laissé passer de longues semaines – et même parfois de longs mois – entre chaque investissement, afin d’être sûre de choisir des emprunteurs en lesquels je croyais.