Le plan d’épargne en actions (PEA) est un outil très intéressant pour investir en Bourse tout en bénéficiant d’un avantage fiscal. Certaines contraintes limitent les investissements possibles, mais de multiples stratégies sont envisageables.

Le PEA est un produit d’épargne réglementé. Avant d’aller plus loin dans la stratégie d’investissement, voyons déjà les règles de bases :

  • Il faut être domicilié fiscalement en France pour ouvrir un PEA
  • Un seul PEA est autorisé par personne et deux par foyer fiscal. Mais vous pouvez le cumuler avec un PEA-PME
  • Peuvent figurer sur un PEA les titres suivants : actions, parts de SARL, parts d’organismes de placement collectif type OPCVM ou Sicav
  • Le plafond du PEA est de 150 000 euros
  • Le PEA est intéressant fiscalement dès lors que ne réalisez ni retrait ni rachat pendant au moins cinq ans, date à partir de laquelle vous êtes exonérés d’impôt sur le revenu. Vous n’êtes soumis dès lors qu’au versement des prélèvements sociaux, qui sont de 17,2 %.

Dans le cas d’un retrait avant cinq ans, la fiscalité qui s’applique est le prélèvement forfaitaire unique, soit 12,8% d’impôt et 17,2% de prélèvements sociaux. 

A noter également : tout retrait avant cinq ans de détention entraîne la clôture du plan. Tout retrait après cinq ans de détention n’entraîne pas la clôture du plan, sauf dans le cas d’une sortie sous la forme d’une rente viagère. Depuis la loi Pacte, qui est entrée en vigueur en 2019, il est possible de réaliser de nouveaux versements sur le plan même dans le cas d’un retrait après cinq ans. Cela n’entraîne pas la clôture du plan. 

Que peut-on mettre sur un PEA ?

Comme évoqué plus haut, vous pouvez utiliser votre PEA pour investir dans des actions ou des OPC. Mais les entreprises et fonds ne sont pas tous éligibles. Pour que ses actions puissent être logées dans un PEA, l’entreprise doit avoir son siège dans un pays de l’Union européenne ou de l’Etat économique européen (trois pays sont concernés : la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein). Pour les fonds, le principe est similaire. Afin de pouvoir être logés dans un PEA, ils doivent être investis à au moins 75 % en actions de société ayant leur siège au sein de l’un des Etats de l’UE ou de l’EEE.

Les parts de sociétés civiles immobilières (SCI) sont exclues. De même que les actions de sociétés foncières (SIIC) et les obligations. Mais cela laisse toutefois le champ libre à de nombreux investissements.

Quels sont les risques associés au PEA ?

Il existe deux principaux risques qu’il faut avoir en tête lorsque vous ouvrez un PEA. Le premier est qu’il s’agit d’un plan conçu pour le long terme : au moins cinq ans, plus de huit ans dans l’idéal. Il faut donc avoir en tête que l’argent placé sera difficilement récupérable pendant plusieurs années.

Le second est lié au risque financier. En investissant via un PEA, vous n’avez aucune garantie de capital, ce qui veut dire que vous pouvez perdre une partie de votre épargne en fonction des fluctuations du marché.

Investir sur le long terme

Pour se prémunir contre les fluctuations du marché, la meilleure chose est d’investir sur le long terme. Car si les marchés vont et viennent, la courbe est lissée avec les années. De plus, pour investir de façon responsable, il est de toute façon indispensable d’investir pour plusieurs années ! Dans le cas d’un placement dans un fonds, le conseil est toujours valable. La plupart des fonds donnent un horizon minimum d’investissement conseillé qui est entre trois et cinq ans. Personnellement, je conserve mes actions pour au minimum dix-huit mois, la plupart de mes actions étant détenues pour plusieurs années. 

Diversifier mais ne pas multiplier les investissements

Pour être certaine de pouvoir gérer mon PEA simplement, j’ai aussi pris le parti de ne pas investir dans trop d’entreprises. Mon PEA totalise en tout une douzaine de lignes. Cela me permet de connaître chacune des sociétés desquelles je suis actionnaire. En théorie, plus on multiplie les investissements, plus on minimise les risques. Mais encore faut-il être capable de suivre un minimum son portefeuille.

Pour la diversification, deux solutions sont envisageables. Premièrement, miser sur des fonds qui seront eux-mêmes diversifiés. Deuxièmement, pour des investissements directs en actions, varier les secteurs d’activité mais aussi les tailles d’entreprises. En effet, les petites et moyennes valeurs sont en général beaucoup moins fluctuantes que les grandes, celles-ci étant plus exposées à de multiples variations.

Ne pas investir de micro-sommes

Dernière astuce pour optimiser son PEA : investir des sommes importantes à chaque fois. Cela va de pair avec le fait d’avoir un nombre limité de lignes. En effet, celles-ci doivent forcément être un peu plus importantes en valeur. L’avantage d’investir une certaine somme est que les frais sont proportionnellement moins importants. En général, les frais appliqués à chaque transaction (achat ou vente) sont des frais fixes. Or, des frais fixes de 4 euros sur un achat de 100 euros représentent 4 % de frais. Sur un achat de 400 euros, cela tombe mathématiquement à 1 %, ce qui est déjà plus raisonnable.

Et le compte-titres ? 

Pour investir en Bourse, il est également possible d’investir par l’intermédiaire d’un compte-titres. Pour en savoir plus sur ce qu’il permet de plus que le plan d’épargne en actions, consultez la vidéo ci-contre ou l’article ci-dessous : 

→ PEA ou compte-titres : deux choix pour investir responsable en Bourse

 



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